12 octobre 2026·3 min

Site internet d'un médecin : ce que la déontologie autorise depuis 2020.

Depuis 2020, un médecin peut informer le public sur son site, à condition que l'information soit loyale et honnête, sans témoignages de tiers ni comparaisons. Voici ce que cela change pour un site de cabinet.

Par Roman Blum·Fondateur de SIEKLE

Pendant longtemps, un médecin ne pouvait faire aucune publicité, et son site devait rester très sobre. Le décret du 22 décembre 2020 a assoupli les règles : l'article R. 4127-19-1 du Code de la santé publique permet au médecin de communiquer au public des informations de nature à favoriser le libre choix du praticien. Cet article concerne les médecins : les autres professions de santé ont leurs propres règles, à vérifier auprès de leur ordre. Notre approche est présentée sur la page site internet pour profession libérale.

La réponse courte.

Un médecin peut présenter ses compétences, ses pratiques, son parcours et les conditions de son exercice sur son site. L'information doit être loyale et honnête. Elle ne doit pas reposer sur des témoignages de tiers ni sur des comparaisons avec d'autres médecins ou établissements, et ne doit pas inciter à un recours inutile à des soins. Il faut aussi tenir compte des recommandations du Conseil national de l'Ordre.

Ce que l'on peut publier.

Le parcours, les diplômes, les domaines de compétence, les modalités de consultation, les horaires, l'accès au cabinet, la prise de rendez-vous, des informations de prévention scientifiquement étayées. Le texte permet aussi de diffuser des informations à visée éducative ou sanitaire, avec prudence et mesure.

Ce qu'il faut éviter.

Les témoignages de patients : le texte écarte une communication fondée sur des témoignages de tiers, il vaut donc mieux ne pas afficher d'avis de patients sur le site et en parler avec l'Ordre. Les comparaisons avec d'autres cabinets. Les promesses de résultat. Les hypothèses présentées comme des données acquises.

Les avis Google.

La fiche Google d'un cabinet est un sujet à part. Ne reproduisez pas ses avis sur votre site, et demandez au conseil départemental de l'Ordre la conduite à tenir pour la fiche elle-même.

La prise de rendez-vous.

Pour les patients, la fonction la plus utile est la prise de rendez-vous en ligne ou, à défaut, des horaires et un numéro très clairs. Les consultations urgentes doivent renvoyer vers les numéros d'urgence, pas vers un formulaire.

Les données de santé.

Un formulaire de contact peut recevoir des informations sensibles. Évitez d'y demander des détails médicaux, prévenez les patients de ne pas y écrire d'informations de santé, et vérifiez la conformité RGPD du site : mentions légales, politique de confidentialité, hébergement. Nous accompagnons ces points pour tous nos sites.

L'adresse du site et les liens d'intérêts.

La charte internet de l'Ordre, publiée en 2014 donc avant le décret, recommandait notamment une adresse de site faisant référence à l'identité et aux qualifications du médecin, ainsi que la déclaration des liens d'intérêts avec les firmes de santé. Ces recommandations ont pu évoluer depuis : demandez la version en vigueur au Conseil national ou au conseil départemental.

Un site clair, rapide, accessible.

Les patients consultent le site sur téléphone, souvent à la recherche d'un horaire ou d'un numéro. Police lisible, contrastes suffisants, pages rapides.

À qui s'adresser.

Pour toute question déontologique, le conseil départemental de l'Ordre des médecins est l'interlocuteur. Nous construisons le site, il valide le cadre. Un appel découverte de 30 minutes permet de préparer un cahier des charges adapté.

Où en êtes-vous ?

Le pré-audit gratuit prend cinq minutes : quelques questions sur votre site, votre référencement, vos réseaux ou votre équipe, et vous recevez des constats et des actions concrètes.